Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 11:42

Karolina, ou plutôt devrais-je dire la belle Karolina, se joint à nous pour participer à l'évolution lente mais certaine de ce joyeux blog. On commence par cet amusant billet :

Tu sais que tu fais des Mathématiques quand...

Tous les mots qui terminent avec un "X", tu les prononces suavement avec un "K" comme dans LaTeX
.

Dans un Voisinage de ton laboratoire, même en prenant epsilon
grand, tu es l'unique demoiselle.

Tu discutes plus avec tes Professeurs et collègues qu'avec ta famille.

Tu essaies d'expliquer ton domaine de Recherche à des personnes non matheuses et qu'elles te répondent : "On n'a pas déjà tout trouvé en Maths ?!".

Tu fais des blagues et des jeux de mots incroyablement pourris pour tout le monde et qui sont à mourir de rire pour un ensemble négligeable de personnes apte à te comprendre.

Les personnes non matheuses t'associent à x + y.

Les gens te regardent différement après que tu leur aies expliqué ta passion.

La Convergence ne te fait pas penser aux lunettes.


Tu utilises différents Alphabets dans toutes tes rédactions et pourtant tu fais des fautes en dictées.


Une Mesure n'a rien d'une grandeur Physique et que tu penses qu'il faut laisser cet outils aux matheuses.


Le mot "Croissant" n'évoque pas en toi une idée de gourmandise.


R. pour K.

Par Becky
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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 11:13
Lawrence Summers, ancien président de l'université de Harvard et homme politique (il a travaillé pour Bill Clinton et est aujourd'hui chef du conseil économique national américain), est connu pour ses propos polémiques.

Il a notamment déclaré (publiquement) que les femmes sont intrinsèquement moins douées que les hommes en mathématiques, d'où leur faible représentation dans cette discipline.

C'est ce qui l'a obligé à démissionner de la présidence de Harvard.

Quel goujat !


Rebecca R.
Par Becky
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 18:11

Cet été, à la campagne, pour un grand repas, on me demande ainsi qu'à une amie de construire des porte-noms. Vous savez des porte-noms, ces petites choses mignonnes qui vous indiquent à quelle place vous êtes à table. Alors voilà, on nous demande dans un premier temps d'aller couper des petits segments de bambous de sept ou huit centimètres de long pour faire la base des porte-noms. Je râle un peu, c'est plutôt une tâche d'homme qu'aller couper du bois... Mais nous nous exécutons. Dans le jardin il y a des bambous, on se munit chacune d'une scie à métaux, on en découpe chacune un à la base puis on élague (moment casse-pied mais là n'est pas la question). On entreprend ensuite de découper la tige en petit morceau. Au bout de trois ou quatre petits morceaux découpés, je les mets côte à côte et les observe avec attention. Chaque morceau est un petit cylindre de bambou bien droit... A cet instant, je me dit que je peux illustrer facilement un concept mathématique à mon amie. Je lui dit: " Tu vois, les tiges de bambou que l'on a coupées, elles ne sont pas droites elles forment un léger S, comme une scoliose. Quand on les découpe en petits morceaux, on obtient des petits segments bien droit. En mathématique on dirait que la courbe formée initialement par le bambou possède une certaine régularité. Tu sais, le concept de dérivabilté que tu as appris au lycée? Et bien ce n'est rien d'autre que ça : quand je découpe une tige de bambou sinueuse en petits morceaux, j'obtient des petits morceaux bien droits !".

A ce moment précis j'ai pensé à cette phrase attribuée souvent à Paul Erdös mais qui semble être en fait due à son compatriote hongrois Alfréd Rényi : "Un mathématicien est une machine à transformer du café en théorème". Vous voyez, ça marche aussi avec les bambous!


Lisa J.

Par Becky
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 19:32

Il est dix-sept heure trente, la lumière du jour s'atténue peu à peu, je marche d'un pas pressé la tête enfoncée dans le col de mon manteau. Il fait froid, c'est l'automne, l'an passé. Les lampes de l'Amphi Gamma sont allumées, ont-ils commencé ? Fichu cours du soir. J'entre. L'amphi est plein à craquer. Je suis arrivée un peu trop tard, comme d'habitude. Déjà plus de place, pourtant le cours n'a pas commencé. Si, il reste un siège, au fond, tous les étudiants de l'avant dernier rang se lèvent pour me permettre de m'asseoir. Quelques saluts, quelques bonjours. Je déplie le siège et m'assois. Nous somme serrés, j'enlève difficilement ma veste en bousculant tous mes voisins, mon sac est sur mes genoux. Sur la table, toujours trop petite, mes feuilles A4 dépassent et viennent chatouiller le haut du crâne de mon voisin de devant. Je sors ma trousse, hésitante : il n'y a décidément pas la place, comment peut-ton concevoir aussi mal un amphitéatre ? Finalement je laisse ma trousse dans mon sac, j'ai juste pris un crayon à papier. Je le pose à la verticale du bord de la table, il ne faut pas qu'il roule, s'il venait à tomber, aller le chercher prendrait les allures d'une expédition et me vaudrait les foudres des étudiants les plus pointilleux.


Pendant ce temps le prof est arrivé, casque à la main, un cycliste. La trentaine bien entamée, des yeux clairs, les cheveux clairsemés. Une petite table pour bureau, il y pose en pagaille son casque, son sac et son manteau. Il prend une minute pour reprendre son souffle et peut-être ses esprits. A quoi peut-il bien penser, lui, enseignant-chercheur en mathématiques ? Quels obscurs problèmes peuvent avoir captivé les lumières de son esprit ? Son regard ne nous a pas encrore croisés. Sait-il même que l'on est là ? Oui. Il nous dit bonjour avec un fort accent d'Europe de l'est. C'est un bonjour discret mais pas timide, juste un appel lancé à ceux qui seraient intéressés : c'est le signal, le cours va commencer. Le brouhaha s'estompe lentement, et l'on entend finalement plus que le crépitement des critériums, le froissement des feuilles et quelques chuintements. Qui parle ? Personne. Le professeur est monté sur l'estrade. Sur la scène. Sa scène. Et le spectacle va commencer. Il a ouvert les bras d'un geste vif, comme pour nous accueillir. D'une voix forte et assurée il s'exclame : MARTINGALE !


Il est aussi question ici d'expliquer un peu quelques concepts mathématiques. Très brièvement, je vous rassure. Ce billet se termine par ce mot qui résonne fortement dans le coeur de tous les probabilistes : martingale. Que veut dire ce mot somme toute un peu barbare ?


Mettons que je joue au jeu de pile ou face avec une pièce équilibrée, c'est à dire que les chances de faire pile sont égales aux chances de faire face. A chaque fois que je fais pile, je gagne un euro et à chaque fois que je fais face je perds un euro. A la n-ième partie mon gain total est représenté par la lettre X_n (il peut-être positif ou négatif). Ce jeu possède de nombreuses propriétés intéressantes et l'une d'elles est que ma suite de gain X_1,X_2,...,X_n,X_{n+1},... est une martingale. Pourquoi? Parce que lorque je m'apprête à jouer la n+1-ième partie, le gain total X_{n+1} que je peux espérer avoir après la partie est égal à mon gain présent X_n. En mathématique on dirait : l'espérance du gain futur sachant le présent est égal au gain présent. L'expression "sachant le présent" signifie en tenant compte de toutes les parties que l'on a joué précédemment. Nous aurons j'en suis sûre l'occasion d'y revenir.


Lisa J.

Par Becky
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 19:26

Ce blog a pour ambition assumée d'ouvrir une petite fenêtre humoristique sur le monde des matheux. Les mathématiciens forment une vraie communauté dans notre société et il me parait judicieux de permettre à tous de mieux connaitre ces animaux étonnants. Allons-y !

Il y a beaucoup de choses à dire sur le monde merveilleux des acteurs des mathématiques, mais, comme toujours, on commence par les présentations d'usage. Tout d'abord... Qu'est-ce qu'un matheux ?


Un mathématicien est un chercheur en mathématiques, c'est la définition la plus officielle qu'on puisse donner. Mais voilà. Elle est incomplète. Et puis, vous-qui-me-lisez ne savez peut-être pas que dans notre beau pays, il y a de drôles d'individus dont la profession (à temps plein et même au delà) est de faire des recherches en mathématiques... mais on aura l'occasion d'y revenir.


Pour être clair, détaillons le système universitaire français. Après le baccalauréat (le premier diplôme universitaire), les études à l'université sont découpées en trois cycles : la Licence qui dure trois années, le Master qui dure deux ans et le Doctorat qui généralement dure trois ans. Les chercheurs (qui travaillent dans les instituts de recherche - le CNRS étant le plus connu) et les enseignants-chercheurs (qui enseignent et mènent des recherches à l'université) sont tous titulaires d'un doctorat et sont recrutés sur concours.


Parler des matheux en se restreignant aux titulaires d'un doctorat recrutés dans une université ou un institut est bien trop restrictif. N'oublions pas notamment les doctorants et les étudiants en deuxième année de master qui, eux-aussi, mènent des recherches au sein de leur laboratoire (et ils sont payés pour ça !) Pensons aussi aux enseignants du secondaire et à tous ceux qui participent à une diffusion large des mathématiques.


Rebecca R.

Par Becky
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